Alaa El Aswany : j'ai couru vers le Nil
Alaa El Aswany : j'ai couru vers le Nil

 

 

 

Titre: J'ai couru vers le Nil

 

Auteur: Alaa El Aswany

 

Editeur: Actes Sud 

 

Nombre de pages 

 

 

 

 Très gros coup de cœur, pour un excellent roman choral , à l’écriture captivante: j’ai couru vers le Nil de Alaa El Aswany .

Quelle belle plume aiguisée, acerbe, ironique ,quelle subtilité dans les propos et quelle finesse d’esprit. L’auteur porte sur son pays et son histoire, un regard sans complaisance, sans artifice, nous entrainant dans un récit puissant , vrai, ponctué de romanesque , nous dépeignant une Egypte sans fard à la lumière crue de la réalité, nous plongeant au coeur de la révolution avortée en 2011.

 

Il nous présente un panel de personnages: militaires, représentants des médias, religieux, gens du peuple ou étudiants, des personnages à la destinée qui s’entrecroise . 

Certains se débattent contre l'oppression, les dogmes musulmans fondamentalistes, les pressions économiques, certains luttent contre le pouvoir, le poids de la famille. d'autres au contraire se protègent, se soumettent ou bien même tirent les ficelles du pouvoir pour leur propre profit, ainsi Asma et Mazen , Khaled et Dania , Achraf et Akram, Issam et Nourhane : Tous sont cette révolution. 

Pour beaucoup d'égyptiens, ces manifestations sont une question de liberté, de démocratie , de morale, de droit, de respect. Pour les autres, ce ne sont rien d’autre qu’un « complot », fromenté par Israël et les États-Unis. 

Implacable dans ses propos, l‘auteur dénonce la fourberie, l’hypocrisie qui ronge et gangrène la société égyptienne. Il nous décrit, sans aucune censure toutes les horreurs commises, il brandit ses écrits telle une arme, pourfendant les mensonges devenus réalité , bravant le conformisme de l’injustice devenu une sorte de règle établi, mettant en éveil les répressions, Il monte au créneau révolté par cette société qu’il décortique, à la fois victime et bourreau , une société pour certains qui se complet dans la servitude , devenant des victimes complices de leur asservissement . Vision terrifiante, d'un pays sous une dictature, d'un pays corrompu.

 Un roman d’une triste réalité, brûlant de vie. L’auteur rend un hommage vibrant à la jeunesse, à sa dévotion pour une cause juste et à son courage.

Un roman à lire absolument ! 

Silvia Avallone: la vie parfaite
Silvia Avallone : la vie parfaite

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Enorme  cœur de coeur  pour un excellent roman hyperréaliste, la vie parfaite de Silvia Avallone, une écriture magistrale, une histoire émouvante et poignante , tout en contraste où force et fragilité se mélangent, sordide et merveilleux se côtoient et rêve et réalité espèrent une alchimie .  Quelle peinture sociale brûlante de vie que nous offre Silvia Avalone, une fresque humaine de l’Italie profonde dont l’auteure est si friande, avec des thèmes forts, comme les banlieues pleines de tristesse, symbole de la précarité, banlieues où habitent une jeunesse désœuvrée , sacrifiée. 

Mais une jeunesse qui vit d’espoir malgré l’adversité , des jeunes qui rêvent, qui s’aiment, qui souffrent ....Certains se battent pour s’en sortir , parfois réussissent, d’autre fois chutent. 

Des personnages qui nous aspirent dans leur vie .

 

La toile de fond une cité ouvrière de Bologne, le mères sont guichetières, femmes de ménage, les pères très peu présents, au cœur du roman, un thème fort, la maternité , le désir d’enfant, la souffrance de ne pas en avoir , de ne pouvoir donner la vie. Une analyse psychologique réaliste, pertinente et fine , de magnifiques et intenses descriptions mère enfant et vie intra utérine... un flot d’émotion, de tendresse, d’amour ... Le livre s’ouvre sur une scène d’accouchement moment magique , de là l’auteure remonte le temps , raconte l’histoire d’Adèle , jeune ado qui ne rêve que de vacances à la mer et voit son monde s’écrouler le jour où elle apprend qu’elle est enceinte, de l’autre côté Adèle rêve, elle, d’un enfant , elle qui ne peut tomber enceinte , il y a aussi Manuel , le petit ami paumé d’adèle et Zeno écrivain en herbe qui observe la vie du quartier .... 9 mois sont racontés , les mots scandés comme les battements du cœur d’un bébé et l’envie de maternité révèle les 'inégalités, les blessures et les rêves.  Entre Adèle qui pense abandonner son enfant  pour vivre ses rêves et Dora dont le manque d'enfant vire à l'obsession, on assiste  à une magnifique novella sociale . 

Un superbe  roman que je vous recommande 

Elizabeth Bundage :  Dans les angles morts
Elizabeth Bundage : Dans les angles morts

  

 

Titre : Dans les angles morts

 

Auteur: Elizabeth Bundage

 

Editeur: Les éditions de la table ronde

 

Nombre de pages:

 

 

 

 

Coup de cœur ce soir pour un roman puissant et captivant, dans les angles morts d’Elizabeth Bundage. Très belle découverte, un livre qui se situe à mi-chemin entre roman et thriller, rythme lent , lancinant,  entêtant , une superbe écriture addictive. Roman noir intense, psychologique, sensible et cruel qui enchaîne,  plusieurs voix, plusieurs destins tout au long du livre et sur plusieurs années. Le décor, une ferme isolée qui aura abrité ces couples aux destinées tragiques et cette solitude toujours omniprésente. L’auteure ne définit jamais qui parle,  laissant  le suspens latent, laissant planer une incertitude durant les premières phrases, nous plongeant dans le doute. 

Une intrigue précise et minutieuse l’auteure évoque la force des liens filiaux,  la notion de couple, l’injustice de la vie. Elle raconte l’Amérique rurale de l’ère pré-Reagan, les femmes pas encore toutes libérées, les séquelles de la guerre du Vietnam et la crise économique  23 février 1979, George Clare arrive chez ses voisins avec sa petite fille, Franny. Il vient, de trouver sa femme, Catherine, assassinée d’un coup de hache dans son lit. La communauté est en émoi face à ce drame qui a eu lieu dans la même ferme où les anciens propriétaires les hale s’étaient donnés la mort après que leur maison fut mise aux enchères, laissant derrière eux trois fils Eddy, Wade et Cole 

George est le premier suspect. Qui était cette jeune femme discrète, pieuse et dévouée à son mari. Pourquoi avoir emménagé dans ce lieu qu’elle déteste et s’être muré , quels secrets reflètent ce regard ... Dès lors, l’auteure va naviguer entre les Clare et les Hale , nous narrant et mettant en lumière les mois et les années qui précèdent la mort de Catherine . On entre dans l’intimité de ces deux familles, on voit  la violence de leurs quotidiens , on observe les drames vécus , Dans les angles morts que révellent ce roman, on découvre Georges professeur d’histoire de l’art , homme en trompe l’oeil, qui est il réellement , Dom Juan, narcissique, pervers ...meurtrier? Trente ans d’histoire vont défiler sous nos yeux. une fresque d’une étonnante profondeur. 

Un roman que je vous recommande .

Claire Fuller : un mariage anglais
Claire Fuller : un mariage anglais

 

 

 

Titre: un mariage anglais

 

Auteur: Claire Fuller

 

Editeur: Stock

 

 

 

 

 

Un très grand coup de cœur pour un magnifique roman , un mariage anglais de Claire Fuller, qui m’a totalement charmé Une écriture belle, captivante, envoutante. Un roman entêtant . Une histoire d’amour analysée et décortiquée ....

1976, d’un côté,  Ingrid,jeune, belle, intelligente, rêvant d’une vie aventureuse, faisant avec son amie Louise de magnifiques projets ,de l’autre,  Gil , un prof, son professeur de littérature, fascinant, charismatique, charmeur le double de son âge ....Une passion dévorante, un amour fou ponctué de trahisons, de frénésie amoureuse, de mensonges.... Une histoire d’un couple amoureux , à l’amour malheureux une histoire racontée à travers les lettres écrites par Ingrid à son mari en 1992, durant les jours précédents sa disparition , des missives bouleversantes , poignantes qu’elle avait caché dans les livres de la bibliothèque familiale.

Une histoire qui parle d’un couple dysfonctionnel, mais aussi de trahison, d’adultère, de douleurs, de souffrance, d’absence, d’enfant, de deuil. Un roman à la belle écriture,  fort en émotion avec des aller-retour entre 1992 et 2004

Tout commence en 2004, Gil Coleman, universitaire, écrivain reconnu, croit voir dans la rue sa femme Ingrid, disparue depuis près de douze ans , partie nagr , elle n’est jamais revenue , corps n’a jamais été retrouvé, s’est elle suicidée, a-t-elle eu un accident,  s’est elle noyée, at’elle abandonné son mari et ses deux filles âgées de 10 et 15 ans, nul ne le sait. En voulant poursuivre celle chimère Gil fait une mauvaise chute. Ses deux filles viennent à son chevet .... Qu’est il arrivé à Ingrid ? Pourquoi, elle qui avait un avenir tout tracé à sombrer dans une telle mélancolie, dans une telle souffrance intérieure , Gil amoureux d’Ingrid, Gil épris des femmes, Gil écrivain à la page blanche, Ingrid muse au souffle créateur ... Un roman intimiste d’une femme en souffrance, d’une femme qui subit pendant des années par amour, une femme aux secrets qui lui martèlent  le ventre ...lui étreignent le cœur

Un roman que je vous rcommande et si vous l’avez lu j’attends vos ressentis

Merci aux éditions Stock et à NetGalley  pour cet envoi

 

Abubakar Adam Ibrahim : la saison des fleurs de flamme
Abubakar Adam Ibrahim : la saison des fleurs de flamme

 

 

Titre: La saison des fleurs de flamme

 

Auteur: Abubakar Adam Ibrahim

 

Editeur:de l'Observatoire

 

 

 

 

 

 

Victor Hugo disait « Naît-on deux fois ? Oui. La première fois, le jour où l’on naît à la vie ; la seconde fois, le jour où l’on naît à l’amour » et c’est ce qui va arriver à Hajiya.

 

Très gros coup de cœur pour le magnifique roman de Abubakar Adam Ibrahim , la saison des fleurs de flamme. Une sublime saga familiale et romanesque qui éveillent l’ensemble de nos sens, vertiges et effluves de l’amour, un corps à corps sensuel et passionnel, un cœur à cœur enflammé et poétique et empli de pudeur, un corps à cœur flamboyant, une écriture quasi charnelle , l’auteur avec maestria nous dépeint le corps, le corps qui est toujours présent dans le roman , corps des amants , corps fugitifs, corps opprimés, corps oppressés, corps meurtris. 

Un roman subversif, mélange de thriller socio-politique courageux , l’auteur dénonce la corruption politique au Nigéria, rien n’est gratuit, tout à un prix, tout se vend, tout s’achète, il évoque la bienséance, la morale, les tabous tout ce qui a trait à la tradition. Mais surtout, il dresse un hymne à la liberté et à l’indépendance d’aimer.

 

Il met donc en scène une histoire d’amour qui va braver les interdits, les normes, les dictates entre Hajiya, une veuve musulmane pieuse de cinquante cinq ans et Reza un jeune dealer de 30 ans de moins  qui, un jour, entre chez elle par effraction avec un couteau... Il entre dans sa vie, comme il entre dans son cœur, ils deviennent amants et notre Hajiya nait à la vie. Une passion coupable, cachée, presque pourrait-on dire semi incestueuse car Reza voit en Hajiya sa mère qui l’a abandonné et Hajiya voit en Reza son jeune fils Yaro, mort avant qu’elle ne puisse lui dire qu’elle l’aimait... mais qu’importe le pourquoi, le comment , Hajiya connait enfin la jouissance , son corps libre et libéré. Elle aime, elle vit. 

Des personnages secondaires pittoresques, sa nièce Fa’ïza, ado provocante éprise de romans à l’eau de rose, ses trois enfants, Hadiza, qui voudrait qu’elle se remarie, Hureira qui larmoie sans cesse et Mallam que Hajiya a éconduit.

 

Un roman qui est une vrai pépite et que je vous recommande ..

Shi-Li Kow  : la somme de nos folies
Shih-Li Kow : la somme de nos folies

 

Titre : La somme de nos folies

 

Auteur :Shih-Li Kow

 

Editeur : Zulma 

 

Nombre de pages

 

 

 

 

 

Très beau coup de cœur pour cette histoire truculente, roman enchanteur dépaysant la somme de nos folies de Shih-Li Kow. 

Quelle verve ! Quelle écriture forte, enjouée  pour nous narrer les péripéties des habitants de Lubok Sayong, on passe par tous les stades, secrets de famille, inondations, organisation d’une gay pride. Une pléthore d’émotions, de sentiments humains, dignité, humanisme ponctuent la narration. Un ton teinté de légèreté, d’humour, parfois de burlesque.

L’auteure nous raconte , nous conte  avec poésie un récit pudique , empli de magie. Elle allie le merveilleux au quotidien. Pas de leçon bien pensante dans ce roman , mais des vrais valeurs . Les personnages ont tous des caractères bien trempés , Auyong, Mary-Anne et Beevy nous donnent envie de les suivre. Ils sont vrais, un peu fous, certains déjantés même. miss Boonsidik un travesti héroïque et Ismet le fabricant de poterie. Une communauté différente qui arrive à vivre ensemble . On prend conscience de la réalité sociale de ce pays : brassage ethnique,  hiérarchie selon les  origines.

A u nord de Kuala Lumpur, le village de Lubok Sayong, un village situé est inondé plusieurs jours par an. Il y vit un trio insolite, mais tellement attachant. 

Beevi, drôle de petite vieille qui n’a de cesse de se chamailler avec son poisson qui ne rêve , Auyong, son tranquille ami, un vieux chinois, propriétaire d'une conserverie de litchis,et Mary Anne, fillette de onze ans, orpheline très maligne , recueillie par Beevie

Dans cette mixité malaisienne, indienne et chinoise, malgré les divergences ethniques et religieuses, tous les éléments humains sont réunis : honnêteté, amitié, tendresse, solidarité, tolérance. 

Auyong et Mary Anne, alternent, pour nous raconter avec finesse ,  tendresse , humanisme  l'histoire pleine d'anecdotes mi-réelles, mi- imaginaires , mi-fantasques  pleine de fantaisie dans un univers exotique .

Un sublime roman pétillant avec une légende pleine de charme qui débute le roman et qu’une envie après l’avoir lu découvrir la malaisie , cette malaisie multiculturelle aux couleurs chatoyantes

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Un roman que je vous recommande chaudement 

Zadie Smith : Swing Time
Zadie Smith : Swing Time

 

 

 

 

 

Titre : Swing Time

 

Auteur: Zadie Smith

 

Editeur:

Gallimard(2018)

 

Nombre de page

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bonsoir ,  venez entamer un pas de danse au rythme de ce très gros de coup de cœur pour le lumineux roman de Zadie Smith, Swing Time. L’auteure avec brio, talent, finesse, intelligence évoque des sujets tels que l’origine et la classe sociale, les mirages de la célébrité.

 

Roman ponctué de réflexions pertinentes sur le racisme, le féminisme, l’immigration et l’exclusion . Plein de sujets qui je l’avoue me tiennent à cœur.  Le tout avec une écriture chaude sans aucune complaisance, ponctuée d’ironie, parfois d'auto dérision ... Zadie  Smith nous offre des portraits de personnages forts, charismatiques, vulnérables pour les uns, imprévisibles pour les autres,  parfois peu sympathiques mais toujours attachants.

Un déferlement d'émotion transcende le roman, les coeurs battent la chamade de la vie et  les protagonistes entament une danse virevoltante et endiablée.

Un roman porté par deux héroines, deux petites filles métisses  d’un quartier populaire de Londres, elles se rencontrent lors d’un cours de danse dans les années 198O, coup de foudre immédiat ....Une relation fusionnelle va naitre entre elles !

Elles visionnent Fred Astaire, Ginger Rogers, Jeni Legon et se rêvent danseuses. Tracey est la plus douée, la plus audacieuse, la plus excessive. Elle intègre une école de danse, la narratrice, elle, poursuit une scolarité classique au lycée, à l’université, et ces deux amies, ces deux âmes sœurs se perdent de vue. La narratrice devient l'assistante d'une star pour qui elle met sa vie personnelle entre parenthèse. Un travail proche de l'esclavage vu ses horaires, un emploi qui la mènera  en Afrique où la jeune femme va juger les moeurs avec ses yeux de femme Occidentale? Que signifie réussir sa vie? Et elle n'aura d'autre choix que de réviser ses certitudes et de se poser des questions sur son identité ? Elle, jeune métisse, trop noire en Angleterre, pas assez en Afrique, ne subissant pas de discrimination abusive mais rangée dans une case, jamais la même, variant selon le lieu où elle se trouve. Où est-elle chez elle? Partout et nulle part. Les sociétés l'identifiant à partir de son métissage

 

Peut-on se sortir de son milieu et aspirer à autre chose, ou notre vie est-elle tracée d’avance , est un peu la question récurrente de ce magnifique roman

Nos deux amies se retrouveront elles et leur amitié perdurera t'elle ....à vos de le découvrir en lisant ce récit que je vous recommande vivement !!!

Jon Kalman Stefansson: Asta
Jon Kalman Stefansson: Asta

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Très gros coup de cœur pour le magnifique roman Asta , une saga passionnante et envoûtante , écrite avec brio par Jon Kalman Stefansson. Texte à l’écriture singulière, poétique, lyrique on y parle d’amour filial, familial, passionnel, on évoque l’existence , la vie, sa beauté, sa brièveté .... Les années qui s’écoulent avec une rapidité effroyable avec comme final la mort , une question existentielle récurrente dans le roman sur le sens de la vie, à quoi sert de vivre si on doit mourir .... L’amour semblant être le seul message d’espoir ... Des paysages d’Islande décrits admirablement, en alternance de nuances sombres et claires, qui font ressortir ce sentiment de vie et de mort. Une palette d’émotions , mélange de sensibilité, de dureté le tout se mèlant à une mélancolie du récit .  L'auteur malmenant la notion de famille et les liens d'affection qui unissent les personnages etre eux 


C’est l’histoire d’Asta, prénom dérivé du mot « amour », « ast », en islandais, elle est la pierre angulaire du roman, femme tourmentée par la tristesse et la mauvaise conscience, une histoire racontée par le biais de souvenirs. Roman d’une vie de l’enfance à la vieillesse, un récit volontairement non linéaire.
Des souvenirs un rien désordonnés d’une part narrés par Sigvaldi , le père d’Asta , peintre en batiment tombé d’une échelle et qui agonise sur le trottoir . Un flot de sentiments, de souvenirs remontant à la surface, le submergeant , des éléments de sa vie déferlant en vrac dans son esprit , des instants précis , des moments forts , des visages gravés en lui submergeant ses yeux , son cœur .... Helga , la passion de sa vie, Asta et sa sœur ses deux filles, Sigrid sa nouvelle compagne et Sesslja la fille d’Asta qui partageât longtemps la vie de son grand père....
Des souvenirs, d’autre part, évoqués par le biais de lettres? comme jetées au vent tel un appel au secours par Asta elle même .
On navigue entre les époques et les personnes, sans se perdre pour autant, on construit le puzzle ....de ces différentes vies ...
Une très belle réussite , roman nommé pour le meilleur prix du livre étranger que je vous recommande vivement !

 

Koelb Tadzio: Made in Trenton
Koelb Tadzio: Made in Trenton

 

 

Titre : Made in Trenton 

 

Auteur: Koelb  Tadzio

 

Editeur: Buscher et Chastel

 

Nombre de pages

 

 

 

 

 

 

 

 

Made in Trenton de Koelb Tadzio, un coup de cœur pour ce roman original, vraiment brillant , un livre magnifique et surprenant .

 Une écriture vive, tranchante, acérée ...Des phrases percutantes, des mots justes, qui se veulent persuasifs, incisifs afin de montrer le déchirement de l’être , pour dévoiler un sentiment de vulnérabilité que Abe Kunstler  ( personnage clé du roman) veut cacher.
Un roman sombre, noir où on peut se perdre dans le dédale de l’esprit du protagoniste principal.
 Un roman  transgressif avec en toile de fond un monde en pleine révolte qui se reconstruit sur des ruines .
Nous sommes dans le New Jersey en 1946 , le mode sort des ravages de la guerre , le rêve américain, lui, est en pleine effervescence et en plein essor et travailler dans l’industrie de Trenton qui est des plus florissante est un sésame d’émancipation pour les classes populaires
A l’usine, un mystérieux Abe Kunstler vient d’arriver , il semble déterminé à profiter de cette opportunité. Il se montre un travailler forcené, obstiné, un camarade de beuverie, l’archétype même du col bleu.... Mais voilà Abe n’existe pas , c’est une chimère, mirage de l’être , imposteur, il cache un secret....et la machine implacable de la société américaine, hyper conformiste, brise tous ceux qui ne sont pas nés dans la bonne classe sociale, ni le bon corps ..... Abe sera-t-il prêt à quoi pour préserver cette vi de mensonge , cette existence qu’il s’est inventé.....
L’auteur évoque les questions de genre , d’identité sociale, sexuelle ....Un roman volontairement alambiqué, nébuleux pour montrer le tiraillement que vit Abe, totalement tiraillé par ses choix , son libre arbitre, sa souffrance intérieure, son désespoir ;
  Laissez vous envoûter , suivez le fil d’Ariane et plongez dans les affres du cerveau de Abe .....