Leila Slimani : le jardin de l'ogre
Leila Slimani : le jardin de l'ogre

 

Titre : Dans le jardin de l'ogre

 

Auteur :Leila Slimani 

 

Edition :

Gallimard(2014): 17,50 euros

Folio(2016): 7,25 euros

 

Nombre de pages : 214 , 240

 

Bonsoir à tous , Leila Slimani ,  j’avais adoré sa «chanson douce », alors j’ai voulu découvrir son précédent roman, dans le jardin de l’ogre … Et je vous avouerai que j’ai été surprise et qu’il m’a beaucoup plu.

 L’auteure va peindre  le portrait d'une femme en souffrance,  Adèle,  à la libido totalement  insatiable, un mélange de contradictions , une femme toute en nuance et une montée en puissance dans le goût de l’interdit . L’ogre sexuel qui vit en elle la consumant petit à petit .

 

Adèle a semble t’il une vie ordonnée, elle  possède tout ce qu’une femme pourrait désirer. Elle a un mari qui l’aime, Richard, chirurgien dans un grand hôpital.  Ils ont un petit garçon, Lucien, que son père adore. Elle est  journaliste,  ce qui lui permet de voyager. Mais, voilà  Adèle n’est pas heureuse. Ce qui est conventionnel l’ennuie, puis l’énerve, puis lui devient insupportable. Toutes les contraintes sociales, familiales, professionnelles lui pèsent de plus en plus .  Même l’amour de son fils lui semble contraignant. 

Adèle  va rechercher  des liaisons  plus ou moins suivies , de plus en plus intenses , exacerbées, un mélange de don d’elle-même, d’abandons de soi, un leitmotiv récurent , être prise encore et encore  par des amis de son mari, par des collègues, par des inconnus , une course frénétique au sexe . Elle essaye parfois de lutter , mais elle ne peut parvenir à faire taire ses pulsions .  De quoi souffre Adèle , nymphomanie , addiction sexuelle , une quête de la douleur qui la maintient en vie , une douleur qui la transperce , une sorte d’auto destruction , personnelle et sociale .

Elle ne vit qu’au travers de l’objet sexuel qu’elle représente pour les autres , et le désir qu’elle fait naitre chez eux , elle s’en nourrit ,  elle a besoin de souffrance ,  d’avilissement , de dépravation  pour exister. Une sorte de suicide sexuel . Adèle ne s’aime pas , elle ne s’aime qu’à travers la jouissance qu’elle produit chez l’autre .

Est-ce que la vérité éclatera , est ce que son mari apprendra la maladie de sa femme et que deviendra Adèle ?