PRIX  GONCOURT

L'ordre du jour , Eric Vuillard , prix Goncourt 2017

Titre : l'ordre du jour 

Auteur  Eric Vuillard

Editeur : Actes Sud 

 

L'ordre du jour de Eric Vuillard, prix  Goncourt 2017 est un excellent roman, brillant d'un réalisme fulgurant , hyper documenté, et teinté d'un humour cynique.

 

Avec brio, dans un style parfait, l'auteur va nous conter le ralliement des allemands au nazisme , l'acceptation par les plus grandes fortunes de l'époque de financer ce régime fort et dictatorial afin de pérenniser leur empire.Il nous explique comment une société à réduit à l'état de mains d'oeuvre à  prix nul des êtres humains.

 

Le roman nous fait réfléchir et nous poser des questions , comment des hommes ont pu accréditer, accepter l'inacceptable et  comment certains  ont accepté de se remplir les poches sur des cadavres.

 Un livre court mais percutant . Une écriture magistrale

 

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Chanson Douce , Leila Slimani , prix Goncourt 2016

Titre: Chanson Douce

Auteur: Leila Slimani 

Editeur : Gallimard 

 

Très beau livre de Leila Slimani , une chanson douce a obtenu le prix Goncourt 2016. Style dépouillé , froid , sans aucune fioriture , mais  justement cette sobriété capte l'attention, attire, captive et fixe le lecteur dans sa toile. L'auteur ne porte aucun jugement de valeur sur ses personnages , mais elle utilise les mots et les images les plus appropriés pour les mettre en valeur.

Myriam mère de deux enfants, avocate de formation , s'est arrêtée de travailler pour élever ses enfants et de là elle s' est embourbée dans le cliché de la femme au foyer réduite à une vie sociale quasi néant. 

Déprimée à souhait , elle décide de retravailler  et donc avec Paul son mari, elle se met en quête dénicher la nounou idéale. Louise, va surpasser leurs espoirs, une perle rare pour les petits, une employée de maison incomparable pour les parents, couture, cuisine, rangement, elle se rend indispensable aux yeux de tous et telle une pieuvre  prend possession de cette famille .... 

Roman à la poésie mélancolique, véritable autopsie d'un drame annoncé , la fin de l'histoire n'est que le commencement et le commencement n'est que la fin de l'histoire. On ressent la musique du texte qui défile telle une chanson douce.

 Véritable étude de moeurs , étude d'une société libératrice les sentiments sont décortiqués. 

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PRIX GONCOURT DES LYCEENS

L'art de perdre , de Alice Zeniter , prix Goncourt des lycéens 2017

Titre : L'art de perdre 

Auteur :  Alice Zéniter 

Editeur : Flammarion 

 

L' Art de perdre de Alice Zeniter , prix Goncourt des lycéens 2017.

Très beau récit émouvant, bouleversant, belle plume sobre.

 L'auteure fait preuve d'une facilité d'écriture dans l'art narratif, faisant de cette histoire une saga familiale.

Un roman de l'exil, un roman du silence , un roman pour comprendre et pour transmettre, un roman pour réhabiliter des hommes et des femmes, ces harkis rejetés par les uns et non véritablement acceptés par les autres .

 

Nous sommes dans les années 50 , Ali qui a combattu dans l'armée française durant la seconde guerre mondiale est un petit exploitant algérien qui vit dans un village Kabyle . Quand les conflits commencent à naitre entre le FLN et les colons français , sa position est évidente , il ne veut aucunement se mêler de ces histoires, pensant à tort , que tout reviendra dans l'ordre très vite.

Hélas , des concours de circonstances vont faire qu'il ne pourra rester en Algérie et finira par émigrer en France en 1962 . Il viendra ainsi grandir les rangs de la communauté controversée des Harkis «l'Algérie les appellera des rats» et la France , les méprisera «en entourant de barbelés les camps d'accueil» 

Puis, la famille s'installera dans une cité HLM de l'Orne.

Son fils aîné , Hamid s'integrera en France et épousera une Française, quitte  quand même à oublier l'Algérie et à travers elle  toutes ses racines. 

Enfin , Naima , une des filles d'Hamid se posera des questions sur les événements de 1962 , pourquoi Ali , son grand père a rallié la cause française 

Une Naima confrontée d'un côté aux amalgames et aux préjugés xénophobes, racistes  et de l'autre à la haine des Algériens pour qui tous les descendants de harkis sont considérés comme  des parias, enfants de traitres.

 

Un livre brillant, des personnages attachants se posant des questions, ce sont des être déracinés qui se sont pour certains retranchés dans le mutisme et pour les autres qui essayent de briser ce silence en apprenant à connaître leurs terres ancestrales.

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Petit Pays , de Gael  Faye , prix Goncourt des lycéens 2016

Titre : Petit Pays

Auteur :Gael Faye 

Editeur : Grasset et Livre de Poche 

 

C'est un très grand coup de cœur, ce roman est une petite merveille. Il est puissant, plein de sensibilité et de tendresse, mêlant humour et maturité, un livre empli de poésie . Un roman sur l'identité et l'exil et sur la perte de l'innocence.

En 1992, le petit Gabriel âgé de 10 ans vit au Burundi avec sa mère rwandaise et son père français et sa petite sœur Ana.

Ils vivent dans un joli quartier aisé et confortable. L'enfant passe la majeure partie de son temps avec une bande de copains.

Cette quiétude et ce paradis d'innocence va voler en éclat en même temps que le pays va connaître un épisode sanglant. L'enfant va vivre la séparation de ses parents, la guerre civile et le génocide rwandais. Et Gabriel qui s'imaginait être un enfant, se découvre métis Tutsi.

Gaël Faye signe avec ce premier roman, un livre bouleversant et magnifique, il nous transporte dans un voyage aux multiples couleurs et senteurs, au rythme de la musique du cœur. Ode à un pays qu'il aime, ode à une enfance perdue.

Un cœur qui bascule de l'enfance et sa douceur à une guerre basée sur une origine ethnique.

Gaël Faye nous émeut, nous touche énormément, nous emporte avec lui.

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PRIX RENAUDOT

Babylone , Yasmina Reza , prix Renaudot 2016

Titre : Babylone 

Auteur : Yasmina Reza 

Editeur : Flammarion 

 

Babylone ,  sorte de polar décalé, un rien fantasque , une peinture sociale mise en avant avec une touche de vague à l'âme mélancolique.

Récit drôle d'une soirée bobo entre amis . Portrait des invités savoureux et un brin caricatural . Rythme rapide , des phrases caustiques et incisives donnent le tempo au texte . 

Élisabeth, la soixantaine, vit à Paris dans un immeuble, elle y croise souvent son voisin du dessus Jean Lino . 

Élisabeth est mariée à Pierre depuis de nombreuses années. Jean Lino a épousé Lydie plus récemment et il essaye de se faire aimer du petit fils de celle ci par tous les moyens, hélas peine perdue ..... Pour ses 60 ans , Jean Lino invite Élisabeth aux courses à Auteuil .... De là, elle se prend d'affection pour lui et cela lui donne l'envie d'organiser une sorte de fête de printemps chez elle en invitant Jean Lino et son épouse. La soirée dirons nous se passe plutôt bien , Jean-Lino avec sa chemise parme plaisante et discute avec ses amis autour des bouteilles de champagne, tout semble aller.  Mais , peu de temps après que les invités soient partis , la sonnette retentit et Jean Lino annonce au couple qu'il vient de tuer sa femme . 

De la va s'enchaîner une situation cocasse dans les escaliers en pyjama et valise rouge 

Le roman bascule entre donc la satire sociale et le polar.

Les personnages sont dépeints avec brio ....Lydie, rousse habillée en gipsy , chante dans les bars à tendance jazzy et lit l'avenir à quelques paumés. Jean-Lino, quant à lui est un modèle de gentillesse.

 

Les discours sont truculents dignes d'une pièce de Vaudeville

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PRIX INTERALLIE

Repose toi sur moi , Serge Joncour , prix interallié 2016

Titre : repose toi sur moi

Auteur : Serge Joncour 

Editeur: Flammarion

 

Repose-toi sur moi , titre prometteur et roman fort agréable à lire , original , une rencontre , un amour naissant , le tout sur le fond d'une société à la triste réalité Aurore , parisienne bourgeoise ,  mariée , deux enfants est une styliste reconnue dont l'entreprise connait hélas des difficultés , car elle essaye de faire travailler des entreprises françaises.

Et son mari , grand entrepreneur américain ne lui accorde que très peux d'attention !  De plus elle vit dans le psychose de deux corbeaux qui ont élu domicile dans les arbres  et qui ont fait fuir les colombes qui y séjournaient . Ludovic , provincial ,  est un ancien agriculteur , grand , baraqué qui s'est reconverti dans le recouvrement de dette Ils vivent dans le même immeuble ou quasiment si on peut dire , puisque notre styliste gravite du côté rue , côte appartement haussmannien de standing et que notre ami Ludovic , c'est côté cour , appart vétuste , humide avec cage d'escalier plutôt raide.

 

Deux personnalités différentes , deux mondes opposés et des corbeaux qui vont les faire se rencontrer , en effet pour  Aurore , Ludovic va faire fuir les volatiles ..... Et ses deux êtres si dissemblables vont commencer à se connaitre , à se dévoiler , à s'apprécier et peut être à s'aimer .... Car dans leur différences , ils ont une similitude , ils se sentent seuls ... Mais est e que deux univers aussi radicalement séparés peuvent se fondre .... A vous de le découvrir !!!Roman ,  fort bien écrit , fluide et agréable , scénario au top , des personnages fort attachant que ce géant secret , discret  au premier abord mais empli de douceur et  Aurore fragile , vulnérable, touchante. Le tout ponctué du triste constat de notre société , problème d'entreprise , de créance etc Une jolie scène pleine de complicité dans la neige , un roman rafraîchissant , de la sensualité

Une romance d'amitié , d'amour , de confiance et d'écoute , un bol d'oxygène à savourer sans modération 

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La septième fonction du langage , Laurent Binet , prix interallié 2015

Titre : la septième fonction du langage

Auteur : Laurent Binet 

Editeur : Grasset 

 

 

C'est un livre formidable, drôle, intelligent, original . Un roman léger, brillant, plein d'érudition avec une fine étude ethno-sociologique.

Le 25 février 1980, Roland Barthes fut renversé par une camionnette à Paris. Il mourut un mois plus tard. 

Laurent Binet imagine dans son roman que le fort célèbre sémiologue fut assassiné.

Dans la sphère de l'élite parisienne tout le monde est suspect .

Et de là , nous nous retrouvons face à un thriller rocambolesque , burlesque où différents grands du 20 ème siècle apparaissent.

D'une part l'élite intellectuelle de l'époque Foucault, Kristera, Sollers, Bhl, Althusser, Derrida, Deleuze.....

D'autre part des politiciens, tels que Giscard, Mitterrand, Lang ...

Enfin, les enquêteurs, le commissaire Bayard et Simon Herzog ... mélange de Sherlock Holes et de pro du rubik's cube.

Laurent Binet joue et flirte entre fiction et réalité, livre pastiche d'un roman policier.

La grande question à sa lecture est de savoir si Laurent Binet a cherché à ridiculiser par certains côtés ses grands hommes ou bien au contraire si il a agi de la sorte dans l'optique de nous les faire relire.

Un savant plaisir de lecture , un roman savoureux , un voyage dans la vie littéraire et intellectuelle parisienne

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PRIX FEMINA

Rabih  Alameddine , les vies de papier                                     prix fémina étranger 2016

Titre : les vies de papier

Auteur : Rabbih  Alameddine

Editeur : les Estales  et 10/18 date de parution 

 

L'histoire se passe au Liban , Aaliya , 72 ans vit seule , entourée de voisines sujettes aux cancans . C'est une femme étonnante , cultivée , trilingue , pleine d'humour et d'esprit , qui, depuis cinquante ans à chaque nouvel an , commence la traduction d'un chef d'oeuvre de la littérature étrangère , en arabe , romans qu'elle place dans des cartons et qu'elle garde de côté pensant qu'ils n'intéresseront personne 

Aalaiya  , au fil des pages va nous parler de son enfance , de son bref mariage ( puisque son mari la répudiera quelques années après leur union ) , de son travail dans une librairie et de sa passion libératrice : la traduction 

 

Les vies de papier, de Rabih Alameddine  est un roman magnifique  , c'est une véritable ode à la littérature et un hymne à la femme . J'ai adoré le personnage de Aaliya , cette femme attachante , érudite ,  qui s'évade de sa vie à travers la littérature.  Cette littérature est pour elle , un véritable caisson d'oxygène , une fuite face à un pays où le désordre armé règne et où la condition féminine n'est pas assez libérée . 

Elle jette un regard sur la société avec clairvoyance , lucidité , humour et un brin d'ironie délectable . Elle nous offre une réflexion sur sa vie présente , sur sa vie passée , elle évoque la vieillesse , la vie des femmes au Liban , elle évoque le rapport à sa mère stricte et assez méprisante .

Le roman ne contient pas de chapitres , il n'y a pas de réel distinguo entre passé et présent , mais justement cela crée une fluidité de lecture et un certain rythme , comme si Aaliya  nous contait son histoire son histoire à son rythme , un rythme qu'on prend plaisir à suivre  , ni trop rapide , ni trop lent , celui d'une femme âgée , jeune d'esprit.

On y trouve des allusions livresques des plus intéressantes et des plus pertinentes. Aaliya est une amoureuse de la vie , de la littérature , une femme éprise de liberté , une femme qui aime son pays .Une femme qui se nourrit de la littérature , de la musique . 

C'est un roman vivant , émouvant et si vous ne l'avez pas encore lu à ne pas hésiter à vous y plonger .

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Leonora Miano , la saison de l'ombre , prix fémina 2013

Titre : La saison de l'ombre 

Auteur : Leonora Miano

Editeur : Grasset 

 

 

 L'excellent livre de Leonora Miano , la saison de l'ombre, prix Femina 2013.

C'est un livre puissant, écrit de manière magnifique.

Dans ce livre, l'auteure raconte l'histoire d'un clan victime de la traite négrière  à l'intérieur de l'Afrique Subsaharienne. 

Elle va évoquer la souffrance, la douleur, l'incompréhension de tous ceux à qui on a enlevé , volé un être cher.

On va assister à la destruction de ses clans suite aux rafles négrières , à la perte culturelle et d'identité.  Le livre est fort  bien documenté.

Des personnages charismatiques , notamment les femmes, les dialogues sont écrits  en italique , sans aucun tiret , aucun guillemet...

Qu'est il arrivé dans ce village , pourquoi 12 hommes ont ils disparu , sont ils encore vivants , pourquoi ne peut on pas communiquer avec eux spirituellement......et comment faire un deuil, quand on ne peut 

mettre en place des rites funéraires.

3 grandes voix s'élèvent dans ce récit :

- celle du jeune chef  Mukano parti à la recherche des disparus.

- celle de Eyabe , qui va prendre la route jusqu'à l'océan où elle découvrira la réalité des razzias négrières - celle de Ebeise , accoucheuse restée au village.

Un roman de mémoire superbe , qui laisse une grande place au mysticisme.

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